La chronique de Laurent – Octobre 2025 – Incubateurs : la pouponnière des illusions ?

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La chronique de Laurent : Octobre 2025 – Incubateurs : la pouponnière des illusions ? (je ne sais même pas pourquoi je mets un point d’interrogation)

Depuis que j’ai cessé d’avoir un LinkedIn, j’ai décidé de tirer à boulet rouge tout ce qui me gonfle dans l’entreprenariat actuel. LinkedIn prendra cher lui aussi, mais pas aujourd’hui.

J’ai décidé de vous donner mon avis sur les « Incubateurs ». Etant consultant en gestion de projet, il est évident que ce sont mes concurrents directs. Mais si c’était bien, réellement, je vous écrirais « c’est bien », et on passerait à autre chose.

J’ai participé à des évènements d’incubateurs au début de ma carrière, en 2018. J’ai rencontré et même formé quelques « incubés ». J’ai vu pas mal de choses … Et tous les prospects qui ont voulu travailler avec moi, et qui se sont in fine tournés vers elles, cinq ans plus tard … ben le projet est toujours au stade végétatif, s’il ne s’est pas effondré entre temps. Et c’est normal. Brasser de l’air, c’est bien, déclencher le vent, par contre c’est ça qui va vous faire avancer.

On appelle ça un incubateur. Déjà, le mot fait peur. On imagine un énorme œuf transparent où gigotent des startuppers en chemise blanche, nourris au kombucha par des coachs en Stan Smith blanches, attendant qu’un investisseur vienne casser la coquille. En théorie, un incubateur, c’est l’endroit magique où les idées deviennent des entreprises. En pratique, c’est surtout un open-space avec du mauvais café, du Wi-Fi bancal et des post-its fluo collés partout comme si les murs allaient résoudre vos problèmes. Et je préfère vous spoiler ce mauvais film : non, un post-it orange flashy ne fait pas jaillir un business model.

On vous promet du mentorat. Traduction : un ancien cadre qui n’a jamais monté une boîte mais qui a beaucoup d’opinions sur votre logo. On vous offre un réseau. Traduction : un déjeuner où tout le monde échange des cartes de visite avant de les oublier au fond du fameux tote bag. Et le pire, c’est cette ambiance faussement californienne. Niveau anglicisme, on lâche toute la purée possible : on dit “pitcher” au lieu de “présenter”, “scaler” au lieu de “grandir”, et “pivot” au lieu de “changer d’avis”. Par exemple, si vous avez juste voulu lancer une appli pour réserver des coiffeurs de quartier, vous allez vous retrouvez à parler de « disruption du marché capillaire » devant trois types qui prennent des notes sur MacBook.

Mais l’arnaque suprême, c’est qu’on appelle ça incubateur. Comme si on allait couver votre idée jusqu’à l’éclosion. En réalité, c’est plutôt un micro-ondes : on vous fait tourner, tourner, chauffer un peu… et puis ding, on vous ressort carbonisé, sans investisseur mais avec un PowerPoint de 78 slides. Très utile !

Pour entreprendre, on doit aller au plus simple. On se forme sur les différentes techniques commerciales et marketing car c’est nécessaire. Et on investit. Il n’y a pas de secret.

Se tripoter sur des anglicismes, ce n’est pas ça qui fera avancer.

Conseil pour les nouveaux entrepreneurs : ne perdez pas de temps, car le temps, c’est toujours de l’argent.

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